À 2 h, on ne demande pas à une image d’être jolie. On lui demande de dire si c’est une veste claire ou un blouson sombre, une berline ou un utilitaire, un visage ou une silhouette. L’IR seul répond souvent : « il y a quelqu’un ». La couleur répond : qui, avec quoi, de quel côté.
Trois leviers Bosch, trois rôles distincts. On les mélange trop souvent dans les devis — et l’on se retrouve avec un dôme qui bascule en monochrome trop tôt, ou avec un HDR vendu comme une vision de nuit.
L’IR éclaire, il ne colorie pas
L’illuminateur intégré travaille autour de 850 nm, une longueur d’onde que l’œil ne voit presque pas. Le filtre IR-cut se relève, le capteur bascule en monochrome. C’est voulu : plus de lumière utile, moins de teinte. Sur la DINION 3100i IR, la portée annoncée est de 30 m ; sur le FLEXIDOME outdoor 5100i IR, 45 m. Le panoramique extérieur NDS-5704-F360LE, lui, zone l’IR pour ne pas blanchir tout le disque.
Utile sur une allée, un portail, une façade où l’on veut surtout dater un passage. Insuffisant dès qu’il faut reconnaître un gilet, un véhicule, un animal : le pelage d’un renard en IR n’est plus qu’une tache. Les captures imprévues le montrent sans détour : la basse lumière cesse d’être cosmétique dès que l’imprévu arrive.
Le starlight pousse le capteur avant les LED
Le starlight Bosch n’invente pas de lumière. Il tient la couleur plus longtemps, en exploitant le peu qui reste : vitrine, sodium, phares, lune. Les LED IR ne s’allument qu’une fois le seuil franchi. Sur le 5100i IR, c’est la raison pour laquelle on le pose plus souvent qu’une bullet d’entrée sur un parking mal éclairé. L’AUTODOME 5100i annonce 0,0186 lx en couleur — assez pour suivre un quai sans basculer trop tôt.
Soixante images par seconde sur le dôme aident quand les phares balayent le champ : moins de flou, moins de « trou » au moment où quelqu’un traverse.
starlight X : quand la scène est vraiment noire
La FLEXIDOME 8100i X (NDE-8702-RX) monte d’un cran : capteur 1/1,8", starlight X, sensibilité annoncée encore ~70 % au-dessus du starlight classique. On la réserve aux quais, cours de logistique, sites où l’éclairage public s’arrête et où l’archive doit rester lisible. Ce n’est pas le dôme du pavillon.
Le grand capteur ne remplace pas un projecteur bien placé. Il achète du temps — quelques lux de moins avant le basculement — et c’est souvent ce temps qui sépare un visage d’une tache.
Le HDR gère le projecteur, pas l’obscurité totale
Confusion fréquente : un client voit « HDR » et croit acheter de la nuit. Le HDR (et le HDR X jusqu’à 141 dB sur la série X) lit une scène coupée en deux — projecteur dans le champ, visage dans l’ombre, vitrine trop chaude. Il n’invente pas des photons là où il n’y en a plus.
Sur la DINION 3100i IR, le HDR est même l’argument principal une fois le jour tombé : la bullet n’est pas starlight. Elle tient un accès éclairé de travers. Le HDR X de la 8100i X, lui, évite le flou de fusion multi-expositions — utile quand un engin passe devant un projecteur.
Trois scènes, trois fiches
- Allée, portail, façade linéaire — DINION 3100i IR. IR 30 m, HDR. Le format bullet se lit, ça dissuade autant que ça documente.
- Cour ou parking mal éclairé — FLEXIDOME outdoor 5100i IR. starlight + IR 45 m. Le modèle que l’on pose le plus souvent.
- Quai critique, site exposé — FLEXIDOME 8100i X. starlight X + HDR X.
Le panoramique IR tient une cour sans angle mort. Le PTZ suit, à condition d’assumer la garantie 3 ans sur le mouvement. La méthode part du rectangle, pas de la brochure.
Garder la couleur, ce n’est pas collectionner la nuit
On ne vend pas une image cinématographique. On vend une archive exploitable le lendemain matin : teinte d’un blouson, plaque encore lisible, horodatage. Le sodium qui peint la rue, la vitrine fermée, le manteau rouille — ce n’est que le décor dans lequel le capteur doit encore travailler.